Impressions de webcom – 11e édition

Puisque nos cerveaux et nos enveloppes corporelles ne sont pas encore habilités à être à deux endroits en même temps, tout compte rendu par une seule personne de sa journée à webcom sera forcément très incomplet en regard du contenu extrêmement riche et varié offert par cette 11e édition.

Voilà pourquoi je vous propose plutôt de m’accompagner dans une balade impressionniste composée de morceaux choisis au fil de mes pérégrinations dans ce lieu fabuleux qu’est le siège social de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) avec sa collection d’œuvres d’art et d’artefacts internationaux offerts ou prêtés par les pays et organisations membres (dont Le Miroir aux alouettes de Marcelle Ferron, une sculpture de trois mètres de haut à l’extérieur de l’édifice).

Balade à travers des morceaux choisis (mis en lumière par des recherches Google)

Un concept qui a voyagé tout au long de la journée : la curation web, cette fonction dont l’utilité prend de plus en plus de sens dans le tsunami d’information qui déferle sur le web. Dans sa conclusion des moments forts de la journée, Sébastien Provencher s’est interrogé sur l’équivalent français du mot. J’en avais parlé dans mon billet sur le sujet : au Québec, notre police de la langue, l’OQLF, propose éditeur de contenu. J’ai pensé qu’on pourrait bricoler un néologisme composé à partir des fonctions regroupées dans le concept, mais après avoir assisté à la présentation de Corinne Weisgerber, je  crois qu’il faudrait plutôt regarder du côté de la notion de multitâche, façon déesse aux milles bras.

Comme l’illustre cette diapo tirée de sa présentation, la curation web nécessite la mise en œuvre de multiples fonctions. Éditeur de contenu est définitivement trop réducteur.

Google dans notre tête

Avec Nicolas Darveau-Garneau, nouveau responsable de Google au Québec, j’ai appris une nouvelle notion de marketing : le moment zéro de vérité,  l’insertion de la recherche web dans le processus mental qui se déroule dans la tête du consommateur au moment du choix.

Ce processus se déroule de plus en plus de façon mobile : chez Google, la recherche sur mobile augmente de 400% par année.

L’entreprise sera sociale ou elle ne sera pas (et cela se fera dans les nuages)

Avec Douglas Heintzman de IBM, on s’est envolés dans les nuages. IBM, cette colossale entreprise qui compte aujourd’hui 400 000 employés – autour desquels flotte un nuage de consultants –  prévoit réduire son effectif à 200 000 au cours des prochaines années et compléter ses besoins grâce à un nuage de compétences (« talent clouds »), sur le modèle de cette planète intelligente proposée par IBM.

Douglas Heintzman a livré des exemples éloquents illustrant les avantages de la « socialisation » de l’entreprise. Par exemple, CEMEX, une  entreprise mondiale de matériaux de construction qui a lancé un projet de réseau social en collaboration avec IBM, et ainsi mobilisé plus de 20 000 employés et formé plus de 500 communautés :

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Réal Jacob, professeur titulaire au service de l’enseignement du management à HEC Montréal, a rappelé dans sa présentation sur le projet CEFRIO Web 2.0 : apprentissages du point de vue du management des organisations, que l’entreprise désirant implanter les outils du web 2.0 dans ses processus devra faire face à des enjeux de taille. Ceux-ci sont abordés dans le livre blanc Les usages du web 2.0 dans les organisations disponibles sur le site du CEFRIO.

Parmi ces obstacles : la résistance au changement, cette caractéristique qui différencie l’humain de la machine. Parmi les solutions : identification des agents de changement et appropriation de leur rôle (formation, participation aux instances de décisions, etc.)

Une solution également entendue au cours de la présentation de Jamie Pappas sur l’implantation des médias sociaux chez son ancien employeur, EMC. Jamie a insisté sur l’importance de désigner dès le départ un petit groupe de champions internes de la « socialisation » de l’entreprise.

Mutation profonde en marche

Le leitmotiv de la journée : les médias sociaux changent le monde. Ou est-ce plutôt un mantra (phrase sacrée dotée d’un pouvoir spirituel)?

Quelques citations :

  • Social business is changing the way we live.
  • Social business is changing the way we work.
  • Our world as we know it is changed forever.

Mais les citations les plus percutantes à ce sujet, je les tire de la présentation schématographique de Michel Cartier.

  • L’Internet est un facteur d’amplification,  un accélérateur de changement. Les nouveaux moteurs de nos mutations : mobilité, géoréférencement et prise de parole.
  • Internet, un écosystème universel numérique : ère des données, des flux et des filtres, autour de trois écrans (téléviseur, ordinateur et mobile), qui n’appartient à personne
  • Internet is where we are : un utilisateur sur six sera connecté sur au moins six appareils.
  • Des natifs numériques habitués au flot d’images foisonnantes et à leurs écrans. Internet 2 reprogramme biologiquement le cerveau, les jeunes sont désormais différents.
  • Les informations sont automédiatisées par des professionnels et des citoyens-experts (souvent anonymes). L’information est remplacée par l’opinion et la synthèse par le zapping.
  • La société ne sait toujours pas comment transformer ses activités en ligne en revenus.
  • Les banques gèrent le flux de l’argent. Les géants d’aujourd’hui gèrent le flux d’information. Ils pourraient éventuellement devenir les « maîtres du monde » remplaçant les grandes banques dans ce rôle.
  • Les coûts de production (réelle et virtuelle) vont baisser considérablement mais les coûts de l’ « intelligence » vont augmenter énormément.
  • Il n’y a pas UN grand public d’utilisateurs mais des millions de niches

Je n’essaierai pas de faire le résumé de la présentation de Monsieur Cartier, je ne pourrai jamais atteindre son degré d’intelligence et de clarté. Il fallait être là.

Pièces du casse-tête : comptes rendus partiels d’autres sources

Pour avoir une idée plus complète de la journée, je vous recommande de lire ces textes, autres pérégrinations impressionnistes :

webcom Montréal : retour sur une folle journée d’études de cas par Nicolas Laffont de Branchez-vous! Techno

Retour sur le webcom : imarkscore et quelques conseils tirés des conférences, par Thoma Daneau d’Adviso

Une journée au Webcom 2011, par Simon de Montigny d’Absolunet

Webcom : vue de l’interne (novembre 2011), par Patrice Leroux, l’un des conférenciers

Webcom Montréal novembre 2011: retour et réseautage de fin de journée par Guillaume Lachance qui a blogué en direct tout au long de la journée.

webcom; du web dans de la com, par Nadine Mathurin sur le blogue L’Agora de Radio-Canada.

Sur la page Facebook de webcom, vous trouverez les présentations des conférenciers au fur et à mesure où elles seront disponibles. Déjà en ligne : celles de Jamie Pappas, de Corinne Weisgerber, de Nathalie Pilon et de Patrice Leroux.

 

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L’avenir commence le 16 novembre

L’overload nous guette

En 2008, la revue du MIT, Technology Review, demandait à des experts, aventuriers, et visionnaires du Web comment ils imaginaient son avenir.

Tim Berners-Lee, le père du Word Wide Web, souhaitait voir le Web améliorer le monde : rapprochement des communautés isolées, réduction de la pauvreté, réduction de l’illettrisme, gouvernement ouvert, etc.

Vint Cerf, co-créateur des protocoles TCP/IP à la base de l’architecture de l’Internet, prévoyait que, d’ici à 2018, 70% des téléphones mobiles auraient un accès Internet. (D’après une source, cette proportion sera atteinte en 2011 et en 2015 les utilisateurs d’internet mobile dépasseront les utilisateurs sur appareils fixes.)

D’autres évoquaient l’ombre de Big Brother, la fin absolue de la vie privée, le règne des standards ouverts, ou leur disparition, un Web complètement mobile.

Avec une prescience étonnante, Mohamed Nanabhay, directeur des nouveaux médias pour Al Jazeera, prédisait que le boom démographique de la jeunesse dans le Moyen-Orient provoquerait une explosion des activités sur le Web et l’amplification des voix censurées sur les médias traditionnels contrôlés par les gouvernements.

Mais la moins sérieuse des prédictions, celle de Jonathan Abrams, le fondateur de Friendster, qui se décrit comme un serial entrepreneur, est celle qui a retenu mon attention :

In five to ten years, we will all have chips in our brains. When you look at someone’s face on the street, your Google Brain software will automatically call up every embarrassing photo of them from ancient Websites such as Flickr, Facebook, and MySpace; list all mutual friends; and remind you of the person’s annotated bio. As a response to the perceived slowness and verbosity of antiquated services like Twitter, people will send everyone they know nanobursts of information about anything they might do or think before they actually do or think it. Every Website, blog, and social-networking profile will include an aggregated feed from every other Website, blog, and social-networking service, resulting in an exponential and infinite length of repeated content on every possible site, overloading our brain chips and causing frequent nosebleeds and occasional cerebral hemorrhage.

Amusant. Il n’en demeure pas moins qu’il y a là une part de réalité.  Loverload guette l’Internet : le 1e février de cette année, l’Internet Assigned Numbers Authority (IANA), composante de l’ICAN, l’autorité suprême de régulation de l’Internet responsable de la gestion de l’espace d’adressage IP, annonçait avoir épuisé les adresses IPV4. L’Internet n’avait plus de place, en quelque sorte (mais, pas de panique, le protocole IPV6  – qu’est-il arrivé à IPV5? – prendra graduellement le relais).

Derrière la magie

Cette réalité concrète de l’espace dans lequel le monde virtuel existe nous rappelle que derrière la magie de l’interconnectivité instantanée, il y a des rouages, des machines et des êtres humains, un écosystème complexe à l’équilibre fragile.

Comment décoder cet univers et prévoir ce que ses développements futurs réservent à la société?

Michel Cartier, celui qui, à titre de pionnier reconnu et respecté des nouvelles technologies de l’information et des communications, donne son nom aux Prix Cartier webcom, est un observateur aguerri de l’impact de la technologie sur la société.

À webcom,  le 16 novembre à  16h40, il viendra expliquer pourquoi l’avenir commence aujourd’hui, à l’aide d’une analyse des trente dernières années qui jette un éclairage sur les trois prochaines.

Pour lui, nous vivons une période pénible parce qu’instable. (…) un passage entre une ère industrielle et quelque chose qui sera postindustriel : une société de la connaissance ? (extrait des notes de travail de Michel Cartier pour sa conférence)

Sur ConstellationW, où on peut prendre connaissance du manifeste qu’il a co-écrit avec Jon Husband, Michel Cartier explique qu’ « une société est en rupture quand sa complexité se modifie au point que ses statistiques deviennent exponentielles. »

Exponentiel, vous avez dit exponentiel?

Une modeste illustration de cette croissance exponentielle des statistiques concernant l’Internet, à la manière des présentations « Did you know/Saviez-vous que… » (insérer votre propre musique solennelle ici) :

  • Le protocole IPv4 a épuisé ses adresses, un maximum théorique de 4 294 967 296 adresses (soit environ 4,2 milliards).
  • En théorie, l’IPv6 permet d’avoir 3,4×10 38 adresses – soit, 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 770 000 000 adresses, un très grand nombre …
  • Chaque personne sur terre pourrait en théorie utiliser 50 000 000 000 000 000 000 000 000 000 adresses IP. Plus ou moins…

Et dire que tout cela a commencé avec quatre ordinateurs :

  • Il y a maintenant 42 ans, en 1969, le réseau ARPANET connectait quatre universités américaines entre elles.
  • En 1971, le réseau comprenait 15 nœuds interconnectés et 23 ordinateurs hôtes. En 1972, on procédait à une démonstration publique d’ARPANET avec 40 machines.
  • En 1974, Vint Cerf et Bob Khan conçoivent le Protocol For Packet Network Intercommunication, le PC/TCIP. Le réseau comptait 188 ordinateurs.
  • En 1984, le système des noms de domaines est mis sur pied. Internet compte près de 4 millions de nœuds interconnectés et plus de 1 000 ordinateurs à travers le monde.
  • En 1987, c’est 10 000 ordinateurs. En 1989, 100 000.
  • En 2011, selon le site Internet World Stats, il y a aujourd’hui un peu plus de deux milliards d’utilisateurs sur l’Internet.
  • Depuis le 31 octobre, il y aurait 7 milliards d’humains sur la terre.

Je vous laisse calculer le nombre d’adresses IP possibles quand la transition au protocole IPV6 aura été complétée…

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Qui veut jaser avec une marque?

Et qu’ont-elles à dire ?

C’est ce que l’IBM Institute for Business Value a tenté de comprendre en sondant 1056 consommateurs répartis dans neuf pays,  en Amérique, en Europe et en Asie, au sujet de leur utilisation des réseaux sociaux, ainsi que 350 cadres provenant de diverses industries dans les mêmes pays (curieusement, excepté le Canada). Le résultat : une étude intitulée « From Social Media to Social CRM – What Customers Want ».

Tout le monde connaît les étourdissantes données concernant l’adhésion de la masse aux médias sociaux. Les plus récentes, qui seront dépassées demain ou le sont déjà: 360 millions de twitteux/twitteuses, 120 millions de membres sur LinkedIn, 3 milliards de vidéos vues par jour sur YouTube, 800 millions d’utilisateurs de Facebook (fait intéressant, c’est autant que le nombre d’utilisateurs d’Internet en 2004, année de naissance de Facebook).

Vous avez sans doute déjà vu l’une ou l’autre des versions (certaines plagiées) de cette vidéo virale mise en ligne par le gourou du marketing des médias sociaux Erik Qualman, auteur de Socialnomics : How Social Media transforms the Way We Live and Do Business. En quelques données et faits percutants, cette vidéo illustre très efficacement la révolution en marche.

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Quelques-unes des formules chocs utilisées :

  •  les médias sociaux ont remplacé la pornographie comme activité numéro 1 sur le web
  • 1 couple sur 5 a fait connaissance sur Internet
  • 1 divorce sur 5 est attribué à Facebook
  • si Facebook était un pays, ce serait le 3e plus peuplé au monde
  • chaque minute, 24 heures de vidéo sont téléchargées sur YouTube

De quoi convaincre les plus farouches luddistes de se joindre au mouvement.

Le potentiel pour les entreprises est donc énorme et l’urgence d’être là où sont les consommateurs se fait de plus en plus pressante.

Consommateurs et entreprises : une relation intéressée

Plus tard, quand les enfants des X et Y, ces générations les plus engagées sur les médias sociaux, leur demanderont : “qu’as-tu fait pendant la révolution des médias sociaux papa/maman?”, ceux-ci  leur raconteront une histoire où les marques n’auront peut-être pas la place à laquelle elles aspirent.

En effet, selon l’étude d’IBM, un fossé s’est creusé entre ce que les  consommateurs font en ligne et la perception qu’en ont les cadres interrogés.

Quelques données et faits percutants :

  • sur les 1000 personnes interrogées, 800 ont au moins un compte sur un site de réseautage
  • mais seulement 40 d’entre elles participent activement à la révolution en publiant régulièrement  des contenus et des commentaires
  • la grande majorité, 600, interviennent très occasionnellement
  • et 160 sont des observateurs silencieux.

Pour la conversation, c’est mal parti. Mais nos  800 réseauteux sociaux sont tout de même autant de potentiels consommateurs à convertir en ligne, non?

Pas nécessairement. Pourquoi se branchent-ils sur les médias sociaux?

  • Une évidence : d’abord et avant tout pour se connecter avec la famille et les amis (70%)
  • Pour s’informer (49%)
  • Pour se divertir (46%)
  • Rarement pour s’engager dans une relation avec une marque (23%)

Pendant ce temps, les cadres sondés par IBM vivent dans l’illusion, peut-être alimentée par certaines mèmes internet (voir la vidéo plus haut), que les consommateurs consultent les sites des marques sur les réseaux sociaux pour de l’information et des nouvelles à leur sujet. Mais, comme l’illustre le graphique ci-dessous, il y a un fossé entre cette perception et la réalité. Les consommateurs attendent avant tout des marques qu’elles leur fournissent des rabais et la possibilité d’acheter en ligne.

La révolution est en marche, les paradigmes sont en train de changer et les entreprises n’auront plus le contrôle de leur relation avec les consommateurs. Elles devront apprendre rapidement à gérer ces nouvelles réalités.

La conclusion de la vidéo SOCIAL MEDIA REVOLUTION : THE ROI OF SOCIAL MEDIA IS YOUR BUSINESS WILL STILL EXIST IN 5 YEARS.

Autrement dit, adapt or die!

Heureusement, il y a webcom

… qui présentera plusieurs ateliers et conférences permettant de faire le tour de cette question complexe :

Au cours de la journée du 15 novembre, webcom innove en présentant des ateliers pratiques de trois heures. Deux d’entre eux porteront sur la relation client et le marketing web :

Le 16 novembre,

  • À 8h50, Jamie Pappas, spécialiste en marketing et médias sociaux, expliquera qu’il est facile de mesurer l’impact de votre présence sur les médias sociaux tant que vous utilisez les stratégies et tactiques appropriées (The Game of ROI in Social Media).
  • À 10h, Simon Lamarche, associé-fondateur de la firme conseil en stratégie et marketing web Adviso, démontrera comment diminuer l’incertitude et éliminer les investissements marketing inutiles en utilisant les nouveaux outils comme les «entonnoirs multicanaux» de Google Analytics (La mort des dépenses marketing inutiles est proche).
  • Et à 13h30, Mario Sundar, directeur des réseaux sociaux chez LinkedIn, exposera sa grande théorie de la social business en se servant de l’exemple de son travail chez le plus grand réseau social pour professionnels au monde. (A Grand Unified Theory of Social Business).
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Techno: où sont les femmes?

Cindy Gordon, conférencière aux keynotes de l’après-midi à webcom, participe aujourd’hui  25 octobre à une discussion autour des barrières à l’entrée des femmes dans le secteur des technologies, dans le cadre de la conférence International Women in Digital Media Summit à Stratford, Ontario.

Les femmes sont sous-représentées en TIC et dans les domaines connexes. Elles constituent 46,7 % de l’ensemble de la main-d’œuvre canadienne et pourtant, en mars 2009, elles occupaient seulement 25 % de tous les emplois en TI, exactement la même proportion qu’en mars 2000 (source : La coalition canadienne pour une relève en TIC).

Pourtant, la relation des femmes avec le monde de l’informatique avait débuté en lion (ou lionne…).

Le premier ordinateur entièrement électronique de l’histoire a été programmé par une équipe de six femmes.  ENIAC (acronyme de l’expression anglaise Electronic Numerical Integrator Analyser and Computer) première machine électronique servant à résoudre, en principe, tous les problèmes calculatoires, un projet secret de l’armée américaine, a été conçu à la fin de la deuxième guerre mondiale avec l’objectif de remplacer les computers humains.

Avant l’avènement de la machine à calculer et de l’ordinateur, les calculs scientifiques complexes étaient réduits en algorithmes suffisamment petits pour être calculés à la main par des équipes de computers (à l’origine ce mot anglais désigne : celui qui calcule) qui travaillaient dans une ambiance de travail à la chaîne en usine. Il y avait des hommes parmi ces computers, mais c’étaient surtout des femmes qui accomplissaient dans l’ombre cette tâche essentielle et fastidieuse.

Une fois ENIAC construit, il restait à y introduire les problèmes à résoudre. On assigna cette tâche à six femmes qui travaillaient comme computers. C’est ainsi qu’elles devinrent les premiers programmeurs de l’histoire de l’informatique … et furent largement oubliées de l’histoire jusqu’à tout récemment.

Comme Cindy Gordon le soulignait récemment au Financial Post, en plus d’être sous-représentées, les femmes délaissent de plus en plus le secteur des technos, pour une foule  de raisons, tant culturelles que contextuelles. Elle estime que cette désaffection pourrait avoir des impacts sur l’économie canadienne, déjà déficiente en matière d’innovation (le Conference Board du Canada attribue un « D » au Canada pour l’innovation dans son bilan économique). Si une part importante de la main-d’œuvre canadienne ne participe pas au bouillonnement de ce secteur névralgique, la pénurie de personnel actuelle s’aggravera et pourra devenir un sérieux frein à l’innovation.

En tout cas, cela ne se fera pas sans que Cindy Gordon n’ait tout fait en son pouvoir pour renverser la tendance. En plus d’accumuler des sièges sur un nombre impressionnant de compagnies technos innovatrices et de participer à diverses initiatives d’accélérateurs d’entreprises, elle siège sur le conseil de la Canadian Advanced Technology Alliance (CATA) et a présidé à la naissance du chapitre voué à l’avancement des femmes, Women in Technology (WIT).

Où sont les femmes? Les technos allumées seront au webcom

Si les autres femmes qui participent au webcom n’ont pas toutes le profil techno, toutes participent, d’une manière ou d’une autre, à l’essor des secteurs clés de la nouvelle économie de la connectivité et de la collaboration :

À webcom, Cindy Gordon, qui détient un doctorat en Business Innovation et Knowledge Management de l’Université de Toronto, livrera le résultat de plus de deux années de recherche qui ont présidé à la rédaction de son dernier livre, Business Goes Virtual. Elle illustrera son thème : « Business Goes Virtual : Realizing the Value of Collaboration, Social and Virtual Business Models” avec des exemples concrets provenant de grandes entreprises comme ING, la Banque Royale du Canada, RIM, Molson, MTS Allstream.

Note: si cette histoire des femmes programmeures vous intéresse, je vous recommande de visiter le site Top Secred Rosies: The Female Computers of World War II, un site très complet développé autour d’un documentaire sur le sujet.

Publié dans : Conférences, Conférenciers

Curateur/curation : une fonction en quête de nom

L’univers numérique est un monde nouveau composé de réalités nouvelles qui, dans bien des cas, n’ont pas encore trouvé leur dénomination définitive.

Il en va ainsi de la curation de contenu, notion pour laquelle l’OQLF propose d’utiliser plutôt éditeur de contenu : le calque de l’anglais curateur de contenu est à éviter puisqu’en français curateur n’a qu’un sens, celui de « personne désignée par un juge pour assister un aliéné ou un mineur ».

D’accord, mais en y regardant de plus près, on dirait bien que la fonction d’un curateur, c’est justement d’assister des personnes dans le besoin, ces victimes du tsunami de données qui déferlent sur le web, ces accros à l’information instantanée,  ces paralysés devant l’abondance de choix, ces submergés de complexité.

Francis Pisani, journaliste indépendant qui blogue sur LeMonde.fr, propose webinage:

Mon idée est toute simple. Parmi les métiers consistant à sélectionner et mettre en scène, celui de jardinier me paraît plus vivant. J’ai envie d’utiliser webiner, webinier/ère, webinage (…). 

Mais cette notion de jardinage, tout poétique soit-elle,  est à mon sens trop voisine de l’agriculture et du concept des content farms, ces sites qui ramassent le contenu d’autres sites, y accolent de la publicité et en récoltent les revenus.

À défaut de mieux, nous utiliserons curation et curateur.  Je les mets en italique pour m’excuser de leur laideur et des images qu’ils évoquent.

Bienvenue dans la nation de curateurs

Population en pleine croissance!, nous dit Brian Solis dans son billet au sujet du livre de Steven Rosenbaum : « Curation Nation : How to Win in a World Where Consumers are Creators », pour l’écriture duquel Rosenbaum a rencontré plus de 70 personnes.

Nous sommes submergés, renchérit Steve Addis, CEO de Addis Creson, une boîte californienne de stratégie de marque, dans le livre de Rosenbaum.  Il y a tout simplement trop de choix et trop d’information disponibles, on ne peut pas les gérer seul. Nous vivons dans une économie de curation. Les entreprises qui comprennent, adoptent et harnachent le pouvoir de la curation définissent ainsi l’essence même de leur marque, sa raison d’être, les besoins qu’elle comble.

Toujours dans le Curation Nation, Robert Scoble, blogueur et ancien évangéliste techno chez Microsoft, décrit le curateur comme un chimiste de l’information, quelqu’un qui mélange des atomes, crée une molécule-information et ajoute de la valeur à cette molécule.

Pour Seth Godin, gourou qui n’a plus besoin de présentation, le pouvoir est en train de passer des créateurs de contenus aux curateurs de contenu.  Dans cette société de l’information produite en surabondance, la valeur de l’information ne repose plus sur sa rareté.  La personne qui est en mesure de sélectionner l’information la plus valable, authentique et pertinente possède un pouvoir certain sur celui qui la génère.

Francis Pisani souligne pour sa part que le « webinage peut avoir recours aux algorithmes, au web sémantique et à l’intelligence artificielle, mais le webinage humain (human curation) a ses atouts. (…) notamment notre capacité d’anticiper, de prendre des risques, d’avoir une vision d’ensemble, d’apprécier la confiance que mérite une source, d’opérer des distinctions entre l’Ulysse de Joyce et les LOL cats de Facebook même si le roman ne génère pas autant de trafic.»

Curation, édition de contenu, webinage ? Ou l’un des termes proposés par les lecteurs de Francis Pisani : toilettage (à cause de la toile), webothécaire,  interjournalisme ? Quoiqu’il en soit, webcom, avec ses ateliers, panels, conférences et études de cas sur le web et l’internet au quotidien des organisations, en est un exemple vivant. Le sujet sera au cœur de deux conférences le 16 novembre :

Patrice Leroux, responsable du programme Communication appliquée et relations publiques  de l’Université de Montréal, croit que la curation web ajoute une couche d’analyse originale, un nouveau savoir, fournit un ensemble d’informations pertinentes (selon un contexte et des critères spécifiques) au bon moment et aux bonnes personnes, dans un but de prise de décision.  Dans sa conférence, il abordera les avantages de la curation web pour l’entreprise et expliquera comment formuler une tactique de curation web interne.

Corinne Weisgerber, professeure de communication à l’université de St-Edwards, abordera,  dans sa conférence,  la différence entre curation et agrégation, et expliquera comment les entreprises et les personnes peuvent utiliser la curation pour s’imposer comme leaders d’opinion.

 

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Google + : est-ce que Google a enfin trouvé le secret de la sauce?

Après tout, le géant Google – pas seulement une compagnie, mais une toute nouvelle manière de penser (Chris Anderson, Wired), la compagnie avec la plus forte croissance de l’histoire du monde  (Times of London) –   a échoué lamentablement avec les réseaux sociaux dans le passé.

Orkut, le site de réseautage social lancé en 2004, a disparu des écrans radars (sauf au Brésil et en Inde d’où proviennent  près de 90 % des utilisateurs). Google Wave, une application web de messagerie et de travail collaboratif lancée en 2009,  s’est avérée trop compliquée et Google a mis fin à son développement en tant que produit autonome fin 2010.  L’an dernier, Buzz, un réseau social basé sur les contacts Gmail des utilisateurs, semblait destiné à renverser la tendance, mais des accrocs à la protection de la vie privée, réglés depuis, ont terni son image et sans doute mis un terme à sa croissance.

Puis, le 28 juin dernier,  Google+ était lancé en version bêta. Quelques semaines plus tard, 10 millions de personnes y étaient abonnées.  Google+ est ouvert à tous depuis le 20 septembre et le nombre d’utilisateurs aurait atteint 43 millions. On ne se pète pas les bretelles pour autant chez Google, ce nombre est encore modeste comparé aux 750 millions d’utilisateurs de Facebook, mais Bradley Horowitz, le vice-président produits de Google et développeur principal de Google+, croit que la plateforme est en train de transformer l’entreprise Google dans son ensemble.

Dans une entrevue publiée dans le numéro d’octobre de Wired, il confie à Steven Levy que lui et son équipe savaient bien qu’on les attendait au tournant. L’accueil enthousiaste, tant des utilisateurs que des gourous, experts et autres évangélistes des médias sociaux, les a rapidement convaincus qu’ils tenaient peut-être la formule gagnante.

La recette du succès : plutôt que d’être développé comme une propriété unique et indépendante des autres propriétés de Google, Google+ les intègre toutes, de la fonction de recherche à Google Ads, d’Android à YouTube. Comme le dit Bradley Horowitz, Google+ est Google. En quelque sorte, Google a redécouvert le secret de l’ère Google : la force des réseaux et l’élimination des silos!

Et ce ne serait qu’un début. D’autres intégrations viendront. Ainsi, Monsieur Horowitz imagine les abonnés de Google+ se réunissant sur un sofa virtuel autour d’une émission de télévision grâce aux « vidéo-bulles » (Hangouts) qui permettent des vidéoconférences à plusieurs.

Benoit Descary, qui donnera (le 15 novembre à 9h) un atelier pratique sur l’utilisation de Google+ dans un contexte d’affaires, croit que Google deviendra à termes un outil d’affaires incontournable, et il en donne les cinq raisons sur son blogue.

Et si Google vous passionne, vous ne voudrez pas manquer la conférence (le 16 novembre à 8h50)  de Nicolas Darveau-Garneau, nouveau responsable québécois de Google. Il abordera les éléments importants de Google+ et les avantages que les entreprises peuvent en tirer.

D’ici là, découvrez Google+ avec cette amusante vidéo, « not a paid advertisment », nous dit-on, malgré qu’elle ne soit pas critique pour un sou :

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(Merci à Philippe Martin, un autre gentil formateur de webcom, pour cette découverte.)

 

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Yammer: la puissance des médias sociaux au service de l’entreprise

Saviez-vous que tout de suite après le tremblement de terre, l’Institut de l’énergie atomique du Japon utilisait Yammer afin de coordonner les opérations de nettoyage déclenchées pour prévenir les fuites radioactives?

C’est ce qui fait la beauté de Yammer : la rapidité avec laquelle on peut l’implanter et sa grande simplicité d’utilisation qui ne nécessite presque pas d’apprentissage.

Yammer, c’est un autre outil de communication interne, mais ce n’est pas un outil comme les autres. C’est une plateforme privée et sécuritaire qui permet de mettre la puissance des réseaux sociaux électroniques au service de l’entreprise. Aussi facile à utiliser que Facebook ou Twitter, c’est tout même un logiciel professionnel conçu pour s’arrimer aux objectifs d’affaires de l’entreprise.

Yammer permet de déployer des outils sociaux calqués sur les vedettes du web : un Twitter d’entreprise pour dialoguer et collaborer, un Facebook interne où les employés peuvent afficher leur expertise,  un Dropbox pour s’échanger des documents, etc. Ho, et un répertoire des employés! Le tout est bien sûr archivé et entièrement interrogeable.

Dans une entrevue à Forbes, David Sacks, le PDG et fondateur de Yammer déclarait : « On dit souvent que l’information, c’est le pouvoir. Cela implique qu’on devient puissant en accumulant des connaissances et de l’information. On a inversé cette proposition : le pouvoir vient du partage et de la collaboration. C’est plutôt radical comme notion, mais de plus en plus de compagnies de premier plan tentent de l’implanter. »

Il sait de quoi il parle : Yammer est implanté dans 80%  des entreprises classées au Fortune 500. En tout, plus de 100 000 compagnies l’utilisent : des technos comme LG Electronics, des plateformes web comme PayPal et Yahoo, des manufacturiers comme Honeywell et Mercedes Benz, des organisations comme l’UNICEF.

Aux États-Unis, on appelle ça la révolution de la « social business », l’entreprise à caractère social (à ne pas confondre avec l’entreprise sociale – qui réinvestit ses profits dans la communauté). La social business, c’est l’entreprise qui utilise la force de l’interconnexion pour harnacher tout le potentiel de ce fameux capital immatériel si mystérieux.

Le 16 novembre à 15h30, assistez à la conférence de Maria Ogneva, chef de la communauté chez Yammer, qui expliquera comment se débarrasser des silos et bâtir une entreprise vraiment sociale qui saura mobiliser ses « champions internes ».

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La 10e édition de webcom-Montréal: c’est du solide !

Je pensais bien recommencer à bloguer en premier sur mon blogue ÉmergenceWeb mais le sort en a décidé autrement. Ce matin, je tiens à vous entretenir sur la prochaine édition de la plus grande conférence internationale francophone sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) au monde ! Ouf… Je parle bien entendu de la 10 édition de  webcom-Montréal, qui aura lieu, comme vous le savez bien, le 11 mai. En passant, vous avez vu la programmation ? Du solide avec maintenant cinq pistes différentes, huit keynotes de renommée internationale. Une liste impressionnante, qui regroupe (et ce n’est pas un hasard) des sommités mondiales du domaine du blogue d’affaires, dont Debbie Weil, Mitch Joel, Geoff Livingston, Michelle Blanc, et Charles Nouryit. C’est une des caractéristiques de cette 10e édition.

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Car les blogues sont au centre de toute identité virtuelle, qu’elle soit personnelle ou corporative et demeurent les médias sociaux sociaux par excellence, n’en déplaise à Twitter ou Facebook. Oui, il sera question de médias et de réseaux sociaux et d’identité numérique mais aussi de blogues et surtout de toutes ces données qui sont générées depuis l’apparition des outils du Web 2.0.

En ce sens, j’ai bien hâte d’entendre Johann Romefort, le CTO de Seesmic qui expliquera comment les visualiser. Une parmi plusieurs excellentes conférences comme celle qui est actuellement est le plus aimée (bouton « Like » de Facebook) «Le community management : tout ce que vous devez savoir sur ce nouveau métier» par Catherine-Lune Rollet, fondatrice de Yul Contenu. En plus, il y a des études de cas à ne pas manquer comme celle de Renault-France ou encore celle du Quartier des spectacles,  des panels, et plein d’événements spéciaux comme le webcamp, le webcom-LIVE, les prix Cartier ou encore une peinture générée par les utilisateurs et animée par la dynamique Caroline Trépanier.

Il y aura aussi, sur place, un écran géant où on verra non seulement le fil Twitter de la conférence en direct (n’oubliez pas que le #hashtag est #webcomMT) mais aussi une cartographie des sujets traités, une cartographie qui se construit et évolue sous nos yeux, gracieuseté de nos amis de chez Nexalogie. Et je ne parle même pas des activités de réseautage pré-pendant et post conférence…

En fait oui, je vais en parler :-) Car il y aura un cocktail VIP sur invitation seulement, le 10 en fin d’après-midi, suivi à 18h00 du traditionnel Yulbiz spécial webcom qui va se dérouler dans le grand hall du complexe Ex-Centris.

 

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