Stratège social d’entreprise, une job d’avenir?
Le stratège en médias sociaux d’entreprise, stratège social pour faire court, est un homme, il occupe cette fonction depuis moins de trois ans, a étudié en communication et marketing, a 3 000 abonnés sur Twitter et porte plusieurs chapeaux.
Dans son rôle, il doit terrasser la résistance interne, tenter – parfois vainement – de mesurer le rendement de ses initiatives, faire face au ressentiment de collègues jaloux de l’attention portée à son nouveau statut de vedette, répondre à des demandes grandissantes, tout ça dans un maelstrom de changements technologiques qui donnent le tournis, avec des ressources matérielles et humaines insuffisantes.
Bref, c’est un guerrier. D’ailleurs, il est prêt à prendre des risques et sait comment rallier les autres à sa cause.
J’ai tiré ces informations d’un document de Jeremiah Owyang de Altimeter Group, l’un des conférenciers keynotes de webcom. Career Path of the Corporate Social Strategist, basé sur des entrevues avec 140 stratèges en médias sociaux, des analyses de descriptions de tâches et de profils sur LinkedIn, cerne le profil et le rôle de ceux qui s’embarquent dans ce nouveau métier, décrit leurs environnements et présente les défis et obstacles auxquels ils sont confrontés.
La conclusion, qui donne aux dirigeants les dix règles pour embaucher et gérer un stratège social, est particulièrement intéressante pour quiconque pense à s’engager dans cette carrière. Pour ceux-là, deux trucs à retenir en prévision d’une éventuelle entrevue d’embauche :
- Ne vous vantez pas outre mesure d’être un as du plus récent buzz de l’univers médias sociaux. Il faut avant tout savoir jongler avec une diversité de plateformes tout en se concentrant sur les objectifs de l’entreprise, pas être obnubilé par la dernière tendance qui enflamme le web.
- Votre marque personnelle est déployée sur les plateformes web, c’est bien, mais pouvez-vous démontrer que vous savez assurer une présence cohérente, au service d’objectifs de marketing? Si ce n’est pas le cas, c’est le temps de réviser votre portfolio web.
Si vous occupez déjà une telle fonction, ne ratez jamais une occasion de rappeler à vos patrons que les stratèges sociaux qualifiés sont rares et très prisés et qu’en conséquence il est rentable d’investir dans votre bien-être, par exemple en vous permettant d’assister à des conférences comme webcom pour parfaire vos connaissances et votre réseau de contacts.
Si vous avez besoin de convaincre vos patrons de la pertinence de cet investissement, consultez la liste des stratèges sociaux dans des entreprises de plus de 1000 employés que Jeremiah maintient. Ce who’s who des médias sociaux dans les grandes entreprises américaines est un florilège d’experts dont plusieurs – esprit de partage des médias sociaux oblige – publient en ligne leurs connaissances et savoirs, par exemple : Scott Monty, Frank Eliason, Richard Binhammer. Vous y trouverez sûrement d’intéressantes sources d’inspiration.
Où s’en va le stratège social d’entreprise?
Cela dit, vous ne devriez peut-être pas trop vous attacher à votre emploi. Si les médias sociaux poursuivent sur leur lancée dans le monde de l’entreprise, la fonction de stratège social d’entreprise pourrait devenir obsolète demain.
C’est tout cas ce que souhaitent certains spécialistes, qui voient dans la disparition de ce rôle le signe que les médias sociaux auront atteint un tel degré d’intégration au sein de l’entreprise qu’ils n’auront plus besoin de champion interne, puisque tout le monde « fera » du média social.
C’est l’une des conclusions du rapport de Jeremiah Owyang :
The Social Strategist role as we know it today will become obsolete. As other business units weave social technologies into their strategy and operations, leadership from a Social Strategist may become unnecessary. Some Strategists said that success would mean being out of a job in the coming years. One Strategist said: “In five years, this role doesn’t exist. The role will be subsumed into every part of the company.”
Another agency executive said: “We don’t have a ‘verbal communication strategist’ or an ‘email planner’ now.” We expect these corporate entrepreneurs to move on to the next wave of emerging technologies.
Le rapport a inspiré à Mashable Business l’idée de demander à plusieurs spécialistes ce qu’ils pensaient de l’avenir du stratège social. Pour l’un d’entre eux, le stratège social est comme le héros du film The Matrix, capable de faire des choix face à une multitude de possibilités, mais dont le rôle ultime est de guider son peuple vers la terre promise et de disparaître :
“The social media strategist is like Neo from the Matrix. He’s able to look at tons of mentions on his monitoring dashboard of choice like green data cascading down the screen. Learning the newest app requires immediate comprehension like learning kung fu or flying a helicopter. But ultimately, Neo, like the social media strategist, will lead the people to Zion where he’ll have to be sacrificed so the business can live.”
– Rick Bakas, advisor, Bakas Media
Cette vision de la transformation des médias sociaux en service d’utilité publique, au même titre que l’électricité et le téléphone, est en phase avec la vision de leur avenir que Charlene Li, fondatrice du Altimeter Group, a fourni à Business Insider qui a demandé à des spécialistes, experts et observateurs de prédire l’avenir des médias sociaux. Pour elle, the future of social media is
…going to be like air. It will be anywhere and everywhere you need and want it to be. It will be seamlessly built into our everyday experiences, rather than shoe horned into the corners of websites. And like air, if it isn’t around, you will feel like you can’t truly breathe and live.”
La job de stratège en média social aura peut-être disparu, mais si les médias sociaux deviennent aussi essentiels à notre vie que l’air qu’on respire, il y aura sûrement de l’emploi du côté de la vente et de l’installation de systèmes de purificateurs d’air.




